En Joie devient membre du Collectif de la Fleur Française

Temps de lecture : 5 minutes

Adhésion EN JOIE Collectif de la Fleur Française

Une meuf heureuse de son adhésion au Collectif de la Fleur Française !

Quand j’ai commencé à réfléchir à ma reconversion professionnelle, le métier de fleuriste s’est vite imposé comme celui qui ferait battre mon petit cœur pour les années à venir ❤️​ Mais en me renseignant un peu plus auprès des professionnel·les que j’ai rencontré, je me suis aussi vite rendue compte de l’envers du décor : des fleurs provenant majoritairement de l’étranger, une saisonnalité non respectée, beaucoup de gaspillage, peu de recyclage, des matériaux loin d’être naturels… Bref, une petite partie de mon cœur s’est brisée 💔​ Parce qu’il était hors de question que j’exerce mon futur métier dans ces conditions.

Et puis j’ai découvert le Collectif de la Fleur Française, et tout a changé.

J’ai rencontré des fleuristes membres du collectif qui m’ont montré que c’était possible d’exercer le métier de manière vertueuse et responsable, et qui ont de cette manière validé mon projet de reconversion.

Alors depuis qu’EN JOIE est né, j’ai toujours gardé dans un coin de ma tête cette volonté de moi aussi appartenir au collectif, devenir membre du crew, avec que des 10 dans ma team 😎​

Et puis j’ai beaucoup douté (coucou le syndrome de l’imposteur 👋​). A maintes reprises j’ai ouvert mon ordinateur, je me suis connectée à la page de demande d’adhésion, et puis je reculais. Persuadée que je n’étais pas assez engagée, que je ne faisais pas suffisamment pour la cause, que je venais juste de me lancer et que de facto, je n’étais pas assez légitime. Et puis j’avais peur d’être rejetée, qu’on me dise « Non mais t’as cru quoi ? Qu’on rentre dans le collectif comme ça ? Elle est dingue elle… ».

Bref, ça a été long avant que je prenne mon courage à deux mains et que j’ose demander ce que je considérais comme le graal, parce que j’avais enfin l’impression d’y avoir quand même un peu droit.

Cette (trop) longue introduction pour te dire donc que depuis avril, je suis officiellement membre du Collectif de la Fleur Française et ça me rend trop heureuse 😃​

 

Concrètement, c’est quoi le Collectif de la Fleur Française ?

C’est un collectif regroupant plusieurs acteurices de la filière de la fleur, toutes et tous engagé·es pour une fleur locale et de saison.

Son objectif est tout d’abord de permettre une relocalisation de la production florale sur le sol français en impliquant toutes les parties prenantes ; celles et ceux qui s’occupent de la production donc (les floriculteur·trices), mais aussi de la vente (les fleuristes, mais aussi les grossistes et coopératives) et de la formation des futurs professionnels (les centres de formation). 

Promouvoir la consommation de fleurs françaises passe aussi par une mission d’information et de sensibilisation auprès du grand public via différents évènements, dont les Journées de la Fleur Française qui ont lieu tous les ans en parallèle des Journées du Patrimoine en septembre.

Pour en savoir plus sur la mission du Collectif, n’hésite pas à consulter le manifeste.

Soutenir le Collectif de la Fleur Française, c’est soutenir la production et la consommation de fleurs locales et de saison.

 

Pourquoi c’est important de soutenir le Collectif de la Fleur Française ?

Parce que le constat de base est alarmant. Il est bien loin le temps où les fleurs étaient majoritairement cultivées sur le territoire national, et aujourd’hui, c’est 85% des fleurs que l’on trouve chez les fleuristes qui provient de l’étranger ​🤯​ Et pas juste des Pays-Bas ou d’Italie. Beaucoup de fleurs viennent d’Afrique ou d’Amérique Latine, et pour un si long voyage sur un produit aussi éphémère que la fleur, tu t’imagines bien que ce sont des avions réfrigérés entier qui sont affrétés.

Au-delà du non sens total, on est donc sur un bilan carbone et un impact environnemental bien nuls et évitables.

Pire encore, certaines fleurs, qui ont poussées en France, vont faire un petit tour sur le marché aux enchères hollandais avant d’être rachetées par un·e fleuriste français, et donc de faire le voyage en sens inverse, pour rien. Voilà voilà ​😑​

C’est important aussi parce que les saisons des fleurs ne sont plus respectées. On a bien intégré que les fruits et les légumes avaient des saisons (qui mange encore des tomates en plein hiver ??) mais bizarrement, on n’y pense absolument pas pour les fleurs ​🤷‍♀️​ Alors que si on reprend la base de la botanique qu’on a toutes et tous sûrement vu en cours de SVT (qui doit d’ailleurs ne plus s’appeler comme ça, mais passons), pour qu’il y ait un fruit, il faut qu’il y ait une fleur. Et pourtant, on a été (mal) habitué à ce que tous les types de fleurs soient disponibles toute l’année chez le·a fleuriste. On commence à intégrer que la rose qu’on trouve dans les jardins l’été n’a donc rien à faire sur un étal de fleurs au mois de février, et il en va de même pour plein d’autres espèces (le gypsophile, le lys, le gerbera pour ne citer qu’eux). Attention, je ne jette la pierre à personne, je sais que ça paraît évident dis comme ça, mais avant de me renseigner, c’est une donnée que je n’avais jamais intégré. Mais du coup, on peut toutes et tous s’éduquer et changer ​😃​

Alors oui, on ne parle « que » de fleurs, on peut penser qu’on n’est pas non plus sur un sujet de la plus haute importance à l’échelle globale comme la famine, la pauvreté, les violences ou la guerre. Mais si c’est important, c’est parce que le sujet est aussi hautement politique. Non seulement pour ce que ça veut dire de notre façon de consommer à l’échelle individuelle, mais aussi parce que ça parle de nos valeurs en tant que société, de qui on choisit pour prendre les décisions à notre place (#2027), d’éducation, d’économie et bien évidemment d’écologie. Et puis ça concerne tout simplement des vies, et rien que pour ça, ça a de l’importance.  

Je m’arrête là pour que le seum reste supportable, mais si le sujet t’intéresse, sache que plusieurs ressources existent, notamment sur le site du Collectif, et qu’un autre article plus complet et détaillé sera rédigé prochainement 😉​

Bouquet de fleurs locales et de saison par EN JOIE.

Un bouquet de fleurs 100% locales et de saison grâce aux beautés des Fleurs du Jardin d’Agnès. (crédit photo et bouquet : En Joie)

 

Quels sont mes engagements pour la fleur locale et de saison ?

Devenir membre du collectif n’est pas anodin, il ne s’agit pas juste de prendre sa carte et hop, emballé c’est pesé, on profite des outils et du rayonnement du collectif et en avant Guingamp (oui d’accord j’arrête avec les expressions désuètes, comme ce mot).

On se doit bien évidemment d’être dans l’action.

Et à ce niveau là, ça ne change évidemment pas grand-chose pour moi, puisque comme diraient les développeurs informatiques, EN JOIE a été pensé comme un atelier floral écoresponsable « by design », c’est-à-dire que mes engagements étaient au cœur de ma démarche avant même que mon entreprise n’existe (ce qui m’a d’ailleurs valu de grands moments de solitude pendant ma formation, mais c’est un autre sujet ​​😅​).

Concrètement, voici quelques exemples de ce que j’ai mis en place dans mon activité :

  • travailler la fleur locale et de saison dès que c’est possible (c’est-à-dire que la saison et les quantités disponibles le permettent), avec un engagement de 50% minimum auprès du Collectif

  • relationner en direct avec les floricultrices qui me fournissent en fleurs fraîches et séchées (notamment Les fleurs du Jardin d’Agnès, Bluema ou Champêtre Ferme Florale)

  • proposer des bouquets de fleurs fraîches sur commande uniquement, pour éviter les stocks inutiles et le gaspillage

  • utiliser des techniques écoresponsables dans des compositions (sans mousse florale par exemple)

  • privilégier l’upcycling, le recyclage et le compostage au simple fait de jeter

  • effectuer la majorité de mes déplacements et mes livraisons gratuitement à vélo dans Strasbourg

  • informer ma communauté et mes clients sur le marché de la fleur et les actions du Collectif, en direct, lors d’évènements comme les Journées de la Fleur Française (la prochaine édition aura lieu les 19 & 20 septembre 2026), sur le blog, sur les réseaux

Cela ne veut pas dire que tout est parfait et que mon activité est vertueuse à 100%. J’utilise par exemple des fleurs colorées artificiellement dans des créations en fleurs séchées. Mais je fais du mieux que je peux pour combiner mes valeurs, mes engagements, l’offre du marché et les demandes des clients, et je suis déjà contente de ça.

Plantation de mufliers à la ferme florale Les Fleurs du Jardin d'Agnès

En pleine plantation de bébés mufliers avec les copines de L’Aube et l’Epine et Les Prunelles à la ferme florale Les Fleurs du Jardin d’Agnès (crédit photo : Charlène Laurent, Les Semis)

 

Où retrouver les membres du Collectif de la Fleur Française ?

Le Collectif met à disposition sur son site un annuaire qui référence les membres engagés partout en France. Il te suffit de te balader sur la carte interactive pour trouver un·e fleuriste ou une ferme florale qui saura te fournir de jolies fleurs locales et de saison 🤗​

Et sur Strasbourg, tu peux t’adresser à moi évidemment, mais aussi à mes consœurs engagées : L’aube et l’épine, Les Prunelles, Les Semis, La Petite Marchande de Fleurs ou encore Atelier Akene pour ne citer qu’elles.

Annuaire du Collectif de la Fleur Française

L’annuaire du Collectif de la Fleur Française te permet de trouver les professionnels engagés proche de chez toi !

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